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@Razak/Désirs d'Avenir
Désirs d’avenir a lancé il y a quelques jours une consultation populaire sur les retraites et la fiscalité.
Une équipe de Désirs d'Avenir a rédigé un premier document de travail dont Ségorama publie chaque jour un extrait dans le but de mieux comprendre le sujet et de pouvoir prendre la parole lors des débats sur le territoire et sur le forum internet
Lors de la campagne présidentielle, il y a eu un malentendu sur la « valeur-travail ». Comme les deux candidats présents au second tour en avaient fait le thème central de leurs campagnes, beaucoup ont cru qu'ils mettaient sous ce même concept le même contenu. C'est évidemment faux.
La gauche associe une vision qualitative à la vision quantitative du travail. Le travail est d'abord un droit. Le fait même d'avoir un travail est une exigence absolue, car nous comprenons le sentiment de dignité que les individus ressentent du fait même de posséder un emploi et l'importance pour le bien-être d'une société que ses membres puissent tous constamment survenir par eux-mêmes à leurs besoins.
De plus, nous savons bien que tous les travaux ne sont pas équivalents. Pour nous, la valeur-travail, cela signifie d'abord la valeur émancipatrice et libératrice du travail. Nous avons conscience qu'il y a des travaux qui tiennent les gens en bride, qui entravent le développement de la pensée, des désirs, du goût de l'indépendance, qui consument une quantité extraordinaire de force nerveuse et la soustraient à la réflexion, à la méditation, à la rêverie. Oui, il y a des travaux qui aliènent. C'est vrai pour les emplois précaires qui se succèdent en CDD tels que ceux décrits par Florence Aubenas dans "Le quai de Ouistreham" (cf. Résumé de lecture). C'est vrai pour certains emplois des plateformes de France Telecom, comme l'ont montré tragiquement les employés qui ont mis fin à leurs jours. Nous sommes conscients que les conditions du travail en France ne sont pas pour rien dans ce que le médiateur de la République appelait récemment la « fatigue psychique » de la société française (sur ce sujet, nous vous suggérons aussi de consulter les interventions de l'Université Populaire Participative organisée par Désirs d'Avenir sur la souffrance au travail). Étant donné ce que sont aujourd'hui les conditions du travail en France, ne devrions-nous pas tous comprendre que la retraite intervient dans la vie des Français comme un moment de respiration, où chacun peut suivre pour soi le rythme de sa vie personnelle ? Dans ce contexte, ne serait-ce pas une grave erreur que de réduire la réforme des retraites à la hausse de l'âge de départ à la retraite et de la durée de cotisation ?
Forum participatif : les retraites et la fiscalité
Version intégrale du document de travail
Documentation complémentaire indicative