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@Razak/Désirs d'Avenir
Désirs d’avenir a lancé il y a quelques jours une consultation populaire sur les retraites et la fiscalité.
Une équipe de Désirs d'Avenir a rédigé un premier document de travail dont Ségorama publie chaque jour un extrait dans le but de mieux comprendre le sujet et de pouvoir prendre la parole lors des débats sur le territoire et sur le forum internet
Aujourd'hui, notre système de retraite est déficitaire à hauteur de 30 milliards d'Euros. Pour l'équilibrer, il s'agit d'égaliser la masse des cotisations perçues et la masse des pensions versées chaque année. Mais trois faits majeurs ont créé les conditions d'un déficit structurel de notre système et accéléré son creusement : l'évolution de notre démographie ; le niveau du chômage depuis plus de trente ans ; la crise financière et économique actuelle.
Notre pyramide des âges, c'est-à-dire la répartition par âges de notre population (cf. http://www.ined.fr/fr/pop_chiffres/france/structure_population/pyramide_ages/), entraîne aujourd'hui l'augmentation du nombre de retraités par actif. La génération dite du « baby boom » (celles et ceux qui sont nés après la Seconde guerre mondiale) est la plus nombreuse : or, c'est elle qui arrive à la retraite aujourd'hui. Il y a donc mécaniquement plus de retraités par actif, plus de pensions à verser par cotisation.
A la structure de notre pyramide des âges, s'ajoute l'augmentation de notre espérance de vie. En 1950, l'espérance de vie à la naissance était en moyenne de 63,4 années pour les hommes et de 69,2 années pour les femmes. En 2009, d'après les données provisoires de l'Insee, l'espérance de vie à la naissance serait en moyenne de 77,8 années pour les hommes et de 84,5 années pour les femmes (cf. http://www.insee.fr/fr/themes/tableau.asp?reg_id=0&id=434 - Télécharger au format Excel (Série longue depuis 1950, 18 Ko)). Ces quinze années de vie gagnées sont autant d'années supplémentaires de pensions à verser. Cela accentue encore le déséquilibre de notre système de retraite.
Un deuxième phénomène contribue à ce déséquilibre : le chômage. Depuis plus de trente ans maintenant, notre pays connaît de forts taux de chômage. Cela a eu pour conséquence de faire baisser notre masse salariale brute et, donc, le niveau des cotisations censées financer les pensions. Cela a également eu pour conséquence la baisse du niveau des pensions pour de nombreuses personnes : comme beaucoup ont connu des périodes de chômage, le nombre augmente de ceux qui ne peuvent pas prendre leur retraite à taux plein. Au chômage en tant que tel, il faut ajouter la montée de la précarisation du travail et donc, pour un grand nombre de travailleurs, des cotisations-retraites qui ne peuvent plus être à taux plein. De plus, l'absence de contre-partie en termes d'embauche aux multiples exonérations de charges sociales les a rendues inefficaces quant à la résorbtion du déficit du système de retraite, puisqu'elles n'ont pas permis d'augmenter le nombre de cotisants.
Enfin, un troisième phénomène a accéléré le creusement du déficit : la crise financière et économique qui a éclaté en 2008 et l'impuissance de ce gouvernement face à elle. Cela a eu pour conséquence une baisse générale de l'activité économique, une augmentation du chômage, la baisse de la masse salariale brute et, donc, une baisse du niveau global des cotisations. La convergence de ces trois phénomènes a engendré un déséquilibre structurel de notre système, c'est-à-dire une situation où nous ne pouvons plus combler les déficits générés par le système sans le restructurer.
Forum participatif : les retraites et la fiscalité
Version intégrale du document de travail
Documentation complémentaire indicative